000_1ee6fe_1-4137048
© AFP/Kenzo Tribouillard

Si les gouvernements, et spécialement le gouvernement français, ne veulent rien faire, le peuple lui a compris tous les enjeux du réchauffement climatique. Ils sont, depuis plusieurs semaines, des dizaines, des centaines de milliers à défiler en France. Hier encore, ce samedi 16 mars, ils étaient près de 100 000 à Paris, et des dizaines de milliers à travers toute la France. 

Sans le peuple, sans les peuples qui se mobilisent partout dans le monde, nous n’arriverons à rien. Preuve, s’il en fallait encore une, le refus de la majorité de voter l’interdiction du glyphosate, pourtant connu pour sa dangerosité, et classé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur la liste des produits cancérigènes. Mais une fois encore, les intérêts privés ont prévalus. Sinon, quel autre intérêt y avait-il à poursuivre l’utilisation de ce produit ?

C’est sans doute d’ailleurs là que réside la plus grande difficulté. L’écologie n’est pas compatible avec l’économie de marché. Il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais de capitalisme vert, pour la simple et bonne raison que capitalisme et écologie sont deux termes profondément antagonistes. Parce que les capitalistes- au sens large du terme- n’ont qu’une seule obsession : le profit. C’est-à-dire produire toujours plus, même si les sociétés n’en ont pas besoin. C’est ce qui a donné la société de consommation. Mais à l’heure où les ressources naturelles s’épuisent, où les émissions de CO2 n’ont jamais été aussi élevées, où la déforestation prend racine sur tout globe et où, par conséquent, le réchauffement climatique est devenue une effrayante réalité, ce mode de pensée doit cesser.

Et si Karl Marx avait déjà compris que capitalisme et écologie ne faisaient pas bon ménages dès le XIXe siècle, que Fidel Castro pointait, dès 1992, lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, le risque de voir l’extinction de l’espèce humaine à cause de la destruction de la nature, nos gouvernements continuent d’agir sans réfléchir. Ou plutôt de réfléchir dans le sens du profit et de la satisfaction d’une infime minorité qui ne voit pas plus loin que ses intérêts immédiats.

Mais alors, que faire ? Manifester est une première chose, certes. Mais tellement insuffisante aux yeux de la gravité de la situation. Comment expliquer que sur la quasi-majorité des pays signataires de l’accord de Paris, seul un petit groupe l’applique réellement ? C’est tout un rapport de force et un système de pensé qu’il faut inverser et transformer. Seule une prise de conscience fera changer les choses. Le temps presse.