Manifestation contre la réforme des retraites, à l\'appel de la CGT et rejointe par des \"gilets jaunes\", à Paris, le 28 décembre 2019.
L’intersyndicale appelle à une nouvelle journée de mobilisation le 24 janvier. Crédits : MAXPPP

Le mouvement contre la réforme des retraites entre dans un moment, plus que central, décisif. Soit il s’élargit à d’autres secteurs, pas encore mobilisés, soit la mobilisation faiblit et le projet, dont personne ne veut, passera. Je ne crois pas que cette dernière option puisse être envisageable. Comment ce mouvement, historique dans l’histoire des luttes sociales de notre pays, pourrait s’affaiblir ? Alors que l’opinion publique soutient la grève, alors qu’après plus de 45 jours de grève des centaines de milliers de Français sont encore dans les rues et alors que les actions ne cessent de se diversifier (retraites aux flambeaux, péages gratuits, meetings communs, jets de robes des avocats, jets de blouses du personnel de santé, passages en heures creuses de dizaines de milliers de foyers etc.).

Partout en France fleurissent des initiatives locales, venant s’ajouter aux appels nationaux de l’intersyndicale (CGT, FSU, FO, Solidaires, CFC-CGC, UNEF, UNL, MNL, FIDL). Une intersyndicale où, une fois encore, brillent par leur absence la CFDT, l’UNSA et la CFTC alors même qu’une certaine partie de leurs militants, notamment à la RATP et à la SNCF, sont dans la mobilisation depuis le début.

Des nouvelles actions sont prévus les 22 et 23 janvier. Elles sont censées préparer la grande journée du vendredi 24 janvier. Cette dernière devrait, presque à elle seule, démontrer l’avenir de ce mouvement social. Il faut que cette journée dépasse, en terme de nombre de participants, les autres manifestations. Si tel était le cas et qu’un nombre significatif de Français (2 ou 3 millions) descendait dans la rue ce jour-là, alors tout ceux qui depuis le début hurlent à l’essoufflement du mouvement et à la résignation auraient le bec cloué.

Traitement médiatique et propagande

Il faudra un jour se pencher, sérieusement, comme à commencé à le faire Acrimed (voir par exemple : Retraites : violence médiatique continu contre les grévistes- épisode 2), sur le rôle joué par les médias, notamment radios et télés, dans le traitement médiatique du mouvement. Pas un jour sans que plusieurs reportages ne soient réalisés sur « la galère dans les transports », « les trains supprimés », « les bouchons dans le périph » etc. Toute cette propagande, associée aux invités, dont la plupart ne viennent que pour vomir leur haine des syndicats et des grévistes, est minutieusement orchestrée dans un but précis. A l’instar de ce qui vient de se passer pour le mouvement des Gilets jaunes, tout est organisé pour faire basculer l’opinion publique qui, encore aujourd’hui, continue à soutenir les grévistes.

Rien d’étonnant donc à ce que le dernier baromètre commandé par le journal La Croix démontre une fois encore que la confiance des Français envers les médias est de plus en plus faible.

Solidarité :

Pour soutenir les dizaines de milliers de gréviste de multiples caisses de grève existent. La France insoumise a tenté de rassembler les différents liens vers ces cagnottes ici : Caisses de grève : comment y participer et soutenir les grévistes ?