N’étant ni médecin, ni professionnel de santé, je ne me risquerais pas à des commentaires « sanitaires » sur l’épidémie que connaît le monde. Néanmoins, chacun reste libre de réaliser ses propres observations et ses propres commentaires sur ce qu’il se passe depuis l’apparition de ce nouveau virus.

La gestion de l’épidémie par la Chine

Sur la Chine d’abord. C’est en République populaire de Chine que le coronavirus, ou Covid19, est apparu pour la première fois, dans la ville de Wuhan. Dès le début certains ont mis en doute à la fois la capacité des autorités chinoises à répondre à cette crise, mais aussi les données fournies par Pékin. Pourtant, il faut reconnaître à la Chine sa capacité de réaction dès lors que le pouvoir central a pris connaissance du nouveau virus, dont l’ampleur avait été minimisée voire cachée par les autorités locales.

Certaines mesures ont pu surprendre, en Europe, par leur radicalité, même si, aujourd’hui, les pays de l’Union européenne ont recours aux mêmes mesures (notamment le confinement de millions de personnes). Ainsi, dès le mois de janvier, ce sont près de 50 millions de Chinois qui ont été placés en quarantaine, des hôpitaux ont été construits en quelques jours à peine (voir vidéo au-dessus), des médecins de l’Armée populaire de libération ont été envoyés. En tout ce sont près de 40 000 personnes qui ont été déployées pour faire face à cette épidémie et remporter cette « guerre populaire » comme l’avait précisé le président Xi Jinping.

Les critiques sur la Chine sont, semble-t-il, passées, depuis que l’on sait que l’épidémie tend à être maîtrisé là-bas. La visite de Xi Jinping dans la ville de Wuhan, épicentre de l’épidémie, en est d’ailleurs une preuve supplémentaire. Le gouvernement chinois à même proposé à l’Italie une aide conséquente de matériel : des respirateurs artificiels, des masques, des combinaisons de protections et des tests.

Le président chinois était en visite à Wuhan, là où l’épidémie a débuté.

La France est-elle prête à faire face à l’épidémie ?

A l’heure où ces lignes sont écrites, le nombre de cas en France est de 1784. Il y a également eu 33 décès. Des chiffres qui ne sont, pour l’instant, pas comparables à ceux de notre voisin italien mais qui évoluent très rapidement.

Si le coronavirus devient une réelle épidémie, on ne sera pas en mesure de prendre en charge les patients.

Un cardiologue interrogé le 3 février sur Europe 1.

En revanche, une question se pose dès maintenant. Sommes nous prêts à faire face à une épidémie de grande ampleur ? Depuis des années les gouvernements successifs n’ont eu qu’en tête de baisser les dépenses publiques, sacrifiant par conséquent une partie du budget de la santé sur l’autel de la gestion financière, si chère à Bruxelles et aux libéraux. Syndicats et personnels de santé n’ont, durant cette période, cessé d’alerter sur cette situation, à l’image des grèves qui durent depuis des mois. Au début du mois de février, un cardiologue, interrogé sur Europe 1 déclarait : « Si le coronavirus devient une réelle épidémie, on ne sera pas en mesure de prendre en charge les patients. »

Malheureusement ce n’était pas la seule déclaration allant dans ce sens. Mardi 10 mars, lors d’une conférence donnée à la presse, le chef des urgences de l’hôpital Emile Muler de Mulhouse assurait que : « Depuis une petite semaine, depuis mercredi dernier [mercredi 4 mars NDLR], nous ne prélevons plus les patients qui présentent une suspicion de coronavirus. Nous prélevons uniquement les patients qui sont hospitalisés et qui présentent des critères de sévérité. »

Preuve supplémentaire des difficultés actuelles : le gouvernement a annoncé la mobilisation de la réserve sanitaire. L’appel a été relayé et appuyé par l’Ordre des médecins, l’Ordre des infirmiers et Santé publique France.

« Le Conseil national de l’Ordre des médecins, le Conseil national de l’Ordre des infirmiers et Santé Publique France appellent les médecins et infirmiers qui le peuvent à rejoindre la Réserve sanitaire, alors que s’accélère encore la propagation du virus Covid-19. En effet, ces deux professions sont, dans cette période, particulièrement demandées pour les missions de renfort liées au coronavirus Covid-19. Cet appel commun s’adresse spécifiquement aux médecins et infirmiers inscrits au sein de leur Ordre, en priorité ceux n’exerçant pas aujourd’hui, qu’ils soient à la retraite depuis moins de cinq ans ou qu’ils aient décidé d’interrompre leur exercice pour convenance personnelle. Les Ordres prendront contact avec eux dans les plus brefs délais pour les inviter à s’engager et leur indiquer la marche à suivre « , peut-on ainsi lire sur le communiqué de presse.

Le gouvernement découvre les rouages du capitalisme

A mesure que l’épidémie se confirmait, et se développait en France, la demande des Français pour des masques et des solutions hydro-alcooliques a explosé. Conséquence directe d’une hausse de la demande : les prix ont augmenté, et certains en ont profité pour spéculer jusqu’à ce que cela prenne des proportions exagérées.

Certains en France ont été surpris, à commencer par le ministre de l’Economie, Bruno le Maire, qui déclarait mercredi 4 mars : « Il est inacceptable et révoltant que des gens fassent de la spéculation sur le coronavirus. » Inacceptable et révoltant oui. Pour autant cela était prévisible et anticipable. Et, en tant que libéral convaincu, et à ce titre partisan de l’économie de marché, Bruno le Maire savait pertinemment que de tels agissement allaient se produire puisque c’est dans la nature même du capitalisme, régi par la loi de l’offre et de la demande, de créer de telles situations.

Néanmoins le gouvernement a réagi. Trop tard peut-être mais il l’a fait dès vendredi 6 mars avec un décret qui encadre les prix des masques et des solutions hydro-alcooliques et en autorisant les pharmaciens à fabriquer leurs propres gels.

Autre incompréhension générée par le capitalisme ; des avions volant à vide uniquement pour conserver leur créneaux horaires. Fort heureusement l’UE vient de mettre fin à cette aberration.

Dans ce schéma assez négatif deux choses peuvent émerger. D’abord une solidarité accrue dans notre société, mais plus globalement à l’échelle mondiale pour faire face à un ennemi commun. Ensuite, cette épidémie forcera peut-être les gouvernements, notamment en France, à repenser leur gestion économique du pays en cessant de couper dans des budgets vitaux à la Nation.