Argentine: Alberto Fernandez, nouveau président d'un pays en crise
Alberto Fernandez et l’ancienne présidente Cristina Fernandez de Kirchner © AFP / JUAN MABROMATA

[MISE A JOUR AU 17 AVRIL] L’Argentine souhaite mettre en place un impôt exceptionnel qui concernerait 200 entreprises et les 200 personnes du pays pour récolter plus de 2 milliards de dollars et ainsi acheter du matériel médical.

[MISE A JOUR] Depuis la publication de l’article, le gouvernement argentin a pris des nouvelles mesures allant dans le sens de la protection des plus vulnérables. Ainsi, deux décrets ont été signés afin de geler les prix des loyers et d’interdire les expulsions pour non-paiement. De plus, un autre décret a interdit les licenciements ou les suspensions de travailleurs pour une période de 60 jours.

Face à la pandémie du coronavirus, certains pays semblent être plus efficaces et plus réalistes que d’autres dans les mesures prises. Alors que tous les pays d’Amérique sont désormais touchés par le virus, et que l’Amérique latine a désormais confirmé 10 000 cas (chiffres au 27 mars), l’Argentine a pris, très tôt, les choses en main pour limiter la propagation du Covid-19, sans doute après avoir vu la situation dans laquelle se trouve l’Europe. Au 27 mars il y avait 589 cas recensés, et 13 décès.

Parmi les décisions gouvernementales, la vaporisation d’un désinfectant dans certains lieux publics, puis, le 13 mars, la fermeture d’une grande partie des parc nationaux, le 13 mars, la fermeture des frontières le 15 mars ainsi qu’une quarantaine obligatoire pour ceux revenant de pays jugés à risques. Les liaisons aériennes avec la France sont désormais suspendues. Le 16 mars les cours ont été suspendus et, à partir, du 20 mars un confinement total a été décrété, assorti d’une interdiction des transports sauf pour les exceptions.

Il est temps de comprendre que nous sommes en train de prendre soin de la santé des Argentins

Alberto Fernandez, Président de centre-gauche de l’Argentine, élu le 10 décembre dernier, lors d’une allocation télévisée le 19 mars.

« C’est assez rassurant parce qu’on sent qu’ils ont réagi rapidement pour régler le problème de santé en priorité. Le confinement a été mis en place rapidement et les gens ont l’air de le respecter. Je ne connais pas la situation politique ici mais on peut facilement imaginer que leurs paroles ont plus d’impact sur les gens que ceux du gouvernement français : avec cette crise de confiance (et c’est un euphémisme), et surtout avec les signaux contradictoires envoyés alors qu’il y avait déjà des cas, comme lorsque Macron s’est rendu au théâtre » explique JF Thuillier, un Français en voyage en Argentine.

Preuve que les Argentins semblent réceptifs aux indications du gouvernement, les commémorations en mémoire des victimes de la dictature militaire (1976-1983*), ont été annulées à cause de la pandémie. A la place, un hommage en ligne a été rendu mardi 24 mars avec le hashtag #PañuelosConMemoria.

« Au niveau du matériel, hier j’ai pu aller faire des courses, les deux agents de sécu à l’entrée avaient des masques. Le caissier a fait respecter une distance à la caisse et désinfecte après chaque client« , poursuit JF.

Les travailleurs Argentins semblent avoir, en effet, un peu plus de protection que leurs homologues Français. Le gouvernement a ainsi décrété l’envoi de matériel, dont des masques, et du gel hydro-alcoolique, pour les personnes devant encore travailler durant le confinement. Parmi les autres mesures décrétées : des aides supplémentaires pour les familles pauvres, les retraités et les chômeurs, une somme de 5,3 milliards de dollars pour soutenir les petites et moyennes entreprises, la construction d’un hôpital militaire, un plafonnement des prix sur près de 2 000 produits, ceci afin d’anticiper une éventuelle inflation, mais encore une prime pour les soignants. D’ailleurs, pour augmenter les capacités sanitaires du pays, la province de Buenos Aires a accueilli une brigade de 500 médecins cubains.


*Pour en savoir plus sur cette période : l’épisode de la Guerre des Malouines.