Le seul candidat socialiste à la primaire démocrate pour les élections américaines de 2020 a annoncé, mercredi 8 avril, son retrait de la course à l’investiture. L’histoire se répète donc. Car, comme en 2016, le Parti démocrate a tout fait pour empêcher Sanders d’être candidat. Cette fois la tactique a consisté en un désistement méthodique de tous les autres candidats au profit de Joe Biden. L’ancien vice-président de Barack Obama a ainsi pu refaire peu à peu le retard qu’il avait sur Bernie Sanders jusqu’à le dépasser après les derniers désistements en sa faveur.

Joe Biden, sauf changement de dernière minute, sera donc celui qui affrontera Donald Trump. Rien ne devrait donc empêcher l’actuel président des Etats-Unis d’être de nouveau élu. Pourquoi ? Parce qu’en dépit d’une politique extérieure toujours impérialiste et criminelle (sanctions économiques contre plusieurs pays, assassinat du général iranien Soleimani, envoi de missiles sur la Syrie, reconnaissance de Jérusalem contre capitale d’Israël etc.) sa politique intérieure, notamment économique, semble contenter son électorat de base qui devrait le juger sur ce point là bien plus que sur sa politique étrangère.

Et quand on sait qu’une grande partie de l’électorat de Donald Trump était, en 2016, constituée de travailleurs des régions abandonnées, victimes de la mondialisation eux aussi, et des classes moyennes qui représentaient, en 2016, 52% des ménages américains, il est facile de comprendre pourquoi Sanders était le seul candidat pouvant l’emporter. En se proclamant socialiste, il parlait, de fait, à ces électeurs. Car en 2016 la défaite du Parti démocrate était surtout celle de la ligne politique néolibérale de ses dirigeants. En 2020 ce sera la même chose car Joe Biden, pas plus qu’Hillary Clinton, ne s’adresse à ces électeurs.

Il est évident que la pandémie de Covid-19 qui sévit dans le monde et notamment, à l’heure actuelle, aux Etats-Unis, pourrait rabattre les cartes au vu de la gestion de l’administration Trump qui a d’abord minimisé l’impact du virus, avant de critiquer les décisions des experts sanitaires. Certains scientifiques estiment que le virus pourrait tuer plusieurs centaines de milliers d’Américains. Par ailleurs, 16,5 millions d’Américains se sont d’ores et déjà inscrits au chômage.

Néanmoins il est intéressant d’observer les chiffres économiques d’avant l’arrivée de la pandémie pour essayer de dresser un premier bilan de Donald Trump. Celui-ci avait assuré, durant sa campagne pour les élections de 2016 qu’il serait le « plus grand créateur de jobs que Dieu ait jamais créé ». Quatre ans plus tard les chiffres pourraient en effet parler pour lui. Plus de 7 millions d’emplois ont été créés; 225 000 pour le seul mois de janvier 2020.

Les emplois sont en plein essor, les salaires s’envolent

Donald Trump, le 5 février 2020 lors du discours sur l’état de l’Union

Le chômage, qui se situait en février 2020 à 3,5% était à son plus bas taux depuis 50 ans (4,7% en 2016). Les salaires ont augmenté aussi, de l’ordre de 2,9% tandis que la pauvreté a reculé pour la cinquième année d’affilée (-0,3% en 2019) et que le salaire médian a progressé de 0,8% en 2019.

Toutefois ces chiffres se sont accompagnés d’un accroissement des inégalités qui se caractérisent par un accaparement de plus en plus de richesses par les plus fortunés. Mais est-ce que les Américains coutumiers de ce genre de situation lui en tiendront rigueur dès lors qu’eux mêmes ont eu accès à une hausse de salaire et à des emplois ?

C’est pourquoi, la gestion de la pandémie du Covid-19 sera déterminante dans la course à la Maison Blanche. Après des débuts catastrophiques, Trump semble comprendre la gravité de la situation. Il a annoncé un plan de relance de 2 000 milliards d’euros. Ce plan devrait inclure un chèque destiné à chaque ménage. Il pourrait être de 1 200 $ pour une personne gagnant moins de 75 000 $ par an, 2 400 $ pour un couple gagnant moins de 150 000 $ par an, et 500 $ par enfant.