Emmanuel Macron consulte encore ce dimanche d’une éventuelle date de déconfinement.
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La pandémie de Covid-19 n’a toujours pas atteint son pic en France que, déjà, certains préparent, méthodiquement, le futur détricotage des acquis sociaux de notre pays. Pour l’heure, si Macron reste vague et préfère jouer le rassembleur de la Nation, en reconnaissant au passage certaines de ses fautes [ou feignant de le faire], d’autres, à l’instar du patron du MEDEF, réclament d’ores et déjà de pouvoir revenir sur les congés payés, la durée du temps de travail et les jours fériés.

Des efforts pour reconstruire le pays ?

Sur les plateaux de télévision, une douce petite musique commence à s’installer. Il faudra « faire des efforts » après le confinement pour permettre à l’économie de repartir. Soit, personne n’est dupe. Mais une question, que semble négliger volontairement médias et gouvernement, aurait pourtant le mérité d’être posée. Grands patrons, actionnaires et banquiers devront-ils, eux aussi, faire des efforts ?

Dans les allocutions et déclarations gouvernementales, personne ne semble, pour l’instant, avoir l’intention de le leur demander, encore moins [crime de lèse-majesté] de les obliger. Même la proposition de rétablissement- temporaire- de l’ISF a été balayée d’un revers de main.

Certes, ça et là, entre dons de gel et de masques et réduction de salaires, restant hautement élevés, certains pourraient affirmer que les ménages les plus aisés participent à l’effort. mais ces petits gestes constituent l’arbre qui cache la forêt du vol qu’ils opèrent depuis des années en France : record de dividendes en 2019, fraude fiscale de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards d’euros par an, ou encore délocalisations d’entreprises dont nos dirigeants se rendent compte seulement maintenant, en pleine pandémie, qu’elles auraient été utiles à la France.

Depuis 2017 les gestes en faveur de cette minorité d’ultra-riches se sont multipliés (suppression de l’ISF, flat tax sur les revenus du capital, suppression de l’exit tax etc.), sans pour autant, et malgré les promesses main sur le coeur, que les 99,99 % de la population en voient un seul bénéfice. Pourtant, loin de faire le constat et le bilan de ces années de chantage à l’Etat et de ces milliards perdus, ni le gouvernement, ni les « experts » des plateaux télés ne souhaitent remettre en question ce fait. Eux qui, il y a quelques mois encore affirmaient qu’il fallait encore baisser les dépenses publiques, y compris dans le domaine de la santé.

Devrons-nous encore passer par une phase d’austérité ? C’est en tout cas ce que certains avancent. L’austérité qui avait été le mot d’ordre de l’UE après la crise de 2008 avec les conséquences que nous avons vues en Grèce, en Espagne, en Italie ou en Irlande. L’Union européenne osera-t-elle encore imposer son dogme ultralibéral, alors même qu’elle a été incapable de produire une réponse cohérente face à la pandémie.

Une crise de cette ampleur devrait, dans un monde normal, remettre en cause l’ensemble des politiques économiques voulues par l’UE et qui, à leur manière, contribuent au désastre sanitaire des pays membres. Et si, pour une fois, une autre approche, ne sanctionnant pas les travailleurs, était pensée ?