La Corée du Nord en 100 questions - Éditions Tallandier

Les récentes rumeurs, pour l’instant non-confirmées, de la mort du leader de la Corée du Nord, Kim Jong-un, ont remis au goût du jour, au moins sur les réseaux sociaux, les débats et les « expertises » sur un pays qui reste largement méconnu en France.

Tellement méconnu que la moindre idée colportée est prise comme information avérée par les médias occidentaux, qui ne se donnent même plus la peine de tenter de vérifier, et par le grand public. C’était ainsi le cas lorsque certains affirmaient très sérieusement qu’une seule coupe de cheveux était désormais autorisée dans le pays, celle de Kim Jong-un. L’information, qui a mis du temps à être démentie, revient d’ailleurs assez souvent dans des articles ou des vidéos. Autre exemple : la mort, en 2013, de l’ancienne petite amie de Kim Jong-un, Hyon Song-Wol. Son crime ? Avoir diffusé une sextape. Une nouvelle fois l’information fut largement reprise, jusqu’à ce que la personne censée être décédée ne réapparaisse à la télévision publique en 2014. Elle s’était ensuite rendue, en janvier 2018, en Corée du Sud à la tête d’une délégation de la Corée du Nord pour visiter les sites olympiques.

En 2017 Juliette Morillot et Dorian Malovic*, deux auteurs qu’on ne peut soupçonner de propagande nord-coréenne, publiaient La Corée du Nord, en 100 questions. Sans doute loin d’être suffisant pour avoir un avis complet du pays, il permet néanmoins d’en connaître beaucoup plus sur l’histoire, l’économie, la politique, le contexte régional et les réalités sociales du pays. Ainsi, sans négliger les aspects négatifs, que personne ne niera, il rétablit quelques vérités, rappelant par exemple que : « Pour un pays isolé et fermé, la Corée du Nord entretient des relations diplomatiques avec une bonne centaine de nations dans le monde, sur un total de 193 Etats membres de l’Organisation des Nations unies (ONU). » Les récents progrès de l’économie ou encore les lois en faveur de l’égalité hommes-femmes, votées dès les premières années de la République populaire démocratique de Corée, sont également mentionnés. « En 1947, le hojeok, le registre familial traditionnel dans lequel la femme n’apparaît pas, est supprimé, ce qui lui ouvre les droits à l’héritage. Un pas capital que la Corée du Sud n’accomplira qu’en 2008. » Enfin, la première partie de l’ouvrage permet de connaître les origines millénaires de cette nation en détaillant l’histoire de celle-ci.


*Juliette Morillot coréanologue spécialiste de la péninsule, a été professeur à l’université nationale de Séoul et directrice de séminaire sur les relations intercoréennes à l’Ecole de guerre de Paris.

Dorian Malovic, spécialiste de la Chine, est chef du service Asie au quotidien La Croix.