L’échéance ėlectorale se rapproche et la candidature de Jean-Luc Mélenchon et de l’Union populaire continue sa progression, visible aussi bien dans les sondages que sur le terrain. L’espoir d’être au second tour est, plus qu’une hypothèse, une réelle possibilité.

Mais cette possibilité ne se concrétisera qu’à condition que toutes les forces du changement se jettent dans la bataille. Nous devons aller chercher chaque voix, et en disant cela je ne parle pas des électeurs traditionnellement acquis à la cause ou ceux des autres candidats de gauche, mais plutôt des abstentionnistes et des dégoutés de la vie politique, de ceux qui, en réalité, ont peut-être le plus besoin d’un changement de société et du programme de l’Avenir en commun. Pour le reste, je crois que, pour éviter le scénario catastrophe de 2017, beaucoup opteront à la dernière minute pour Jean-Luc Mélenchon.

Comme d’autres, je me réjouis que le Parti communiste français retrouve de la vigueur et une parole audible par des millions de Français. Toutefois, je crois aussi que nous ne pouvons pas laisser passer notre chance, la chance d’avoir une candidature de rupture au second tour. Nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre cinq ans de plus et une hypothétique « reconstruction de la gauche ». Nous ne le pouvons plus car nous connaissons le programme de nos adversaires : la destruction de notre modèle social et de nos acquis hérités de longues années de lutte. Nous ne le pouvons plus car je pense, comme d’autres, que si nous sommes absents du second tour, il sera très dur de se relever d’une telle défaite.

Un autre choix de société

Devons-nous nous résoudre à un affrontement entre l’ultralibéralisme et l’extrême-droite ? C’est en tout cas ce que les médias nous vendent depuis 2017. Pourtant, en y regardant de plus près, il n’y a guère de différence entre eux. Macron, Pécresse, Le Pen et Zemmour veulent nous faire travailler plus longtemps, ne pas diminuer l’âge de départ à la retraite et rogner, encore, sur les dépenses publiques. Les uns pointant du doigt les précaires et les chômeurs coupables d’être pauvres, les autres les immigrés et ceux qu’ils estiment pas être dignes d’habiter en France. Dans les deux cas, jamais l’opulence des plus riches, les dividendes records et les profiteurs de crise ne sont pointés du doigt.

Il va sans dire qu’à mesure que la candidature de Jean-Luc Mélenchon progresse, les boules puantes et attaques en tout genre vont être légion, comme en 2017 ou le refrain du Venezuela était rabâché à toutes les sauces. Aujourd’hui, c’est plutôt la Russie qui est à la mode, et le candidat de l’Union populaire est ainsi qualifié de « pro-Poutine », uniquement parce qu’il a osé appeler à la paix et non à la surenchère guerrière des bellicistes de plateaux et autres indignés du canapé, louant la guerre mais n’y mettant jamais les pieds. Peu importe que Jean-Luc Mélenchon soutienne en Russie une organisation (le Front de gauche russe) dont le leader a été emprisonné.

Bref, face à l’urgence sociale, démocratique, écologique mais aussi pour que la France redevienne une puissance internationale audible en étant non-alignée (et donc en sortant de l’OTAN), le 10 avril, chaque électeur aura un bulletin à sa disposition.