Lors de la grande marche pour la VIème République, place de la Bastille, Jean-Luc Mélenchon a déclaré, devant 100 000 personnes, que le premier tour de l’élection présidentielle serait un véritable référendum social. Notamment sur la question des retraites. 

Après avoir échoué à mener sa réforme des retraites, Emmanuel Macron revient à la charge. Et cette fois, il ne se cache plus : il reculera l’âge de départ à 65 ans. Peu importe que le même Macron déclarait, en avril 2019, qu’une telle décision serait “hypocrite”. Peu importe aussi qu’à 62 ans, un quart des 5 % les plus pauvres soient déjà morts. D’ailleurs, le président sortant n’est pas le seul. Malgré leurs beaux discours en direction des classes populaires, Zemmour prône la retraite à 64 ans et Le Pen opte pour le statu-quo, refusant de revenir à la retraite à 60 ans. Quant à Pécresse, avec elle ce sera aussi 65 ans. 

Ainsi, rien que sur ce thème essentiel, les Français ont devant eux deux choix de société. Le deuxième étant celui porté par Jean-Luc Mélenchon et l’Union populaire : la retraite à 60 ans à taux plein avec 40 annuités (d’après un sondage d’Harris Interactive de juillet 2021, 68% des Français sont pour la retraite à 60 ans ou moins).

Travailler moins longtemps pour vivre plus longtemps 

Les libéraux voudraient nous faire croire que, puisqu’on vit plus longtemps, il faudrait travailler plus longtemps. Or c’est l’inverse, c’est justement parce que nous travaillons moins que nous vivons plus longtemps. Et, de la journée de 8 heures, aux 35 heures en passant par la retraite, le mouvement historique des travailleurs a toujours tendu vers la diminution du temps de travail. Pourquoi en serait-il autrement ? Est-ce que le progrès serait de revenir aux conditions de travail du siècle dernier, alors même que les richesses produites et la productivité ont augmenté ? Notons au passage que les travailleurs n’ont pas vu en proportion leurs salaires augmenter, contrairement aux dividendes. 

Une fois cela dit, il reste beaucoup de choses à dire et à faire et la simple baisse de l’âge du départ à la retraite ne suffira pas. Il faudra aussi garantir à chaque retraité le droit à un salaire digne. Pour cela, le programme de l’Avenir en commun propose de porter (a minima) au niveau du SMIC revalorisé toutes les pensions pour une carrière complète et  le minimum vieillesse au niveau du seuil de pauvreté. Pour rappel, la retraite n’est pas un cadeau, mais elle correspond à ce que chaque personne cotise au cours de sa vie, c’est donc une part du salaire différé.

Mais aussi :

  • Prendre en compte le revenu de solidarité active (RSA) pour valider des trimestres en vue de la retraite
  • Augmenter de 0,25 point par an durant le quinquennat le taux de cotisation vieillesse et soumettre à cotisation les revenus d’intéressement, de participation, d’épargne salariale, ainsi que les revenus financiers des entreprises
  • Indexer le montant des retraites sur les salaires
  • Interdire au Fonds de réserve pour les retraites d’investir dans des secteurs polluants

 Indexer le montant des retraites sur leshttps://youtu.be/a3T_FuHbLCQQuant à la question du financement, rien de plus simple. Commençons par rappeler que l’entièreté du programme a été chiffrée au cours d’une émission toujours disponible sur Youtube. Le bilan est sans appel : au total, sur l’ensemble des mesures du programme (694), les recettes dépasseront les dépenses de plusieurs milliards d’euros. Pour les retraites, il suffirait par exemple de payer les femmes au même niveau que les hommes ou de créer un million d’emploi supplémentaires, la bifurcation écologique en nécessitera bien plus, pour avoir les cotisations supplémentaires nécessaires, ou bien de se servir de l’argent que les évadés fiscaux ne planqueront plus.