Près de 30% des Français pourraient s’abstenir de voter lors de l’élection présidentielle. Un chiffre record marquant la défiance des citoyens envers la politique. Pourtant, le programme de l’Avenir en commun porté par Jean-Luc Mélenchon comporte plusieurs mesures pour que les élus ne trahissent plus leurs promesses.

Les derniers quinquennaux ont tous été marqués par des promesses non tenues et des engagements non respectés, si bien que, de plus en plus, les gens se défient de la politique nationale. Ils lui préfèrent d’autres formes de luttes, plus locales et, peut-être, plus à même de changer les choses. Comment leur en vouloir ? 

Plutôt que de stigmatiser ces gens, il faut leur redonner envie de voter et essayer de les convaincre que ne pas voter favorise inlassablement ceux ne défendant pas leur intérêt. Et ne pas voter aura pour conséquence d’empirer la situation actuelle plutôt que de l’améliorer. Au lieu de rester à la maison, les citoyens doivent au contraire s’immiscer au plus haut point dans les affaires de l’Etat via une participation populaire permanente. 

Pour cela, il faut des mesures permettant au peuple de reprendre le pouvoir et d’exercer un contrôle sur les élus. L’Avenir en commun en propose plusieurs. La principale étant le passage à une VIème République par le biais d’une assemblée constituante.

Dans le programme porté par Jean-Luc Mélenchon plusieurs propositions sont ainsi formulées pour que le peuple retrouve sa souveraineté. En voici quelques unes (liste non-exhaustive, pour retrouvez l’ensemble des propositions rendez-vous sur le site https://www.laec.fr/

Balayer l’oligarchie, abolir les privilèges de la caste 

  • Mettre en place un plan de séparation de l’argent de l’Etat 
  • Combattre l’influence des lobbys dans le débat parlementaire, interdire l’entrée du Parlement aux lobbyistes et leurs cadeaux aux parlementaires, aux membres du gouvernement et à leurs cabinets
  • Rendre inéligible à vie toute personne condamnée pour corruption
  • Durcir les règles contre les conflits d’intérêts et interdire le pantouflage : tout haut fonctionnaire souhaitant travailler dans le privé devra démissionner de la fonction publique et rembourser le prix de sa formation s’il n’a pas servi au moins dix ans
  • Allonger à dix ans les périodes d’interdiction d’exercice d’une fonction privée après avoir exercé une activité dans la fonction publique relative au même secteur
  • Reconnaissance du droit de pétition numérique, encadré par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), qui pourra accorder une carte électorale numérique sécurisée. Généraliser la conception collective des textes de loi via les outils numériques

Une République permettant l’intervention populaire 

  • Instaurer le Référendum d’initiative citoyenne (RIC), par lequel les citoyens qui réunissent suffisamment de signatures peuvent révoquer des élus, proposer ou abroger une loi et modifier la Constitution
  • Reconnaissance des votes blancs et nuls, avec la possibilité qu’une élection soit invalidée faute de suffrages exprimés suffisants (seuil de représentativité). Corollaire, le vote sera rendu obligatoire
  • Instaurer une procédure de parrainages citoyens pour l’élection présidentielle en alternative au 500 parrainages d’élus 
  • Interdire la sous-traitance des opérations de propagande électorale à des entreprises privées 
  • Présenter systématiquement au bureau de l’Assemblée nationale les propositions émises par les citoyens dans le cadre de conventions citoyennes ou d’assemblées créées à cet effet 
  • Rendre obligatoire le recours au référendum en cas de modification de la Constitution ou d’adoption d’un nouveau traité européen
  • Rendre effectif le principe de non-cumul des mandats et des indemnités (un seul au même moment, deux mêmes mandats consécutifs maximum) 

Pour aller plus loin :
Retrouvez le livret thématique dédié à l’Assemblée constituante et à la VIème République
Retrouvez le plan pour passer à la VIème République

Les trois volets du RIC 

Revendication centrale du mouvement des Gilets Jaunes, le Référendum d’initiative citoyenne (RIC) garantira l’intervention populaire au plus haut niveau, dans le cadre de la nouvelle République, elle-même instaurée après un référendum. 

Les citoyens pourront se saisir du RIC de trois manières : 

  • Proposer des mesures et sujets à mettre à l’ordre du jour d’une assemblée (initiative populaire des lois).
  • Révoquer, en cours de mandat, des élus qui n’appliquent pas le programme sur lequel ils et elles ont été élu·es,  pour en finir avec la culture de l’impunité propre à la monarchie présidentielle. Ainsi, à l’issue du premier tiers du mandat et jusqu’à un an avant la dernière année, un certain pourcentage de signatures d’électeurs et d’électrices permettra de provoquer un référendum qui décidera soit de révoquer l’élu·e, soit de lui laisser poursuivre son mandat.
  • Abroger une disposition ponctuelle ou une loi. Le référendum abrogatif est déclenché à partir d’un pourcentage de signatures d’électeurs et d’électrices.

Le 10 avril prochain ne nous trompons pas de colère. L’abstention favorisera à coup sûr la réélection de Macron. A l’inverse, le vote Mélenchon est une occasion unique de renverser la table. Chaque citoyen a la clé de son avenir dans la main.